Entre Conques et Grand-Vabre, le Dourdou s'enfonce dans des gorges de schiste gris. Rien à voir avec les causses calcaires : les versants sont abrupts, couverts de châtaigniers et de chênes, et laissent percer des arêtes rocheuses et des landes à bruyère. C'est ce même schiste qui a donné les lauzes des toits de Conques. Ce relief, à la fois forestier et rocheux, abrite une faune discrète, que l'on croise surtout au lever du jour et au crépuscule. Voici les animaux réellement signalés dans la vallée, d'après les inventaires naturalistes et les observations récentes, et quelques gestes simples pour les observer sans les déranger.
La loutre et les oiseaux de la rivière
La loutre d'Europe est bien présente dans le secteur. Protégée depuis 1981, elle a recolonisé l'Aveyron depuis le Massif central. Sur le Lot, entre Grand-Vabre et Capdenac, une étude de l'Office français de la biodiversité a même relevé l'une des plus fortes densités de loutres rapportées en Europe. Elle vit surtout la nuit : on la repère plutôt à ses épreintes, déposées bien en évidence sur les rochers. La rivière accueille aussi le cincle plongeur, un petit oiseau brun à bavette blanche qui marche littéralement sous l'eau pour chasser. Il a été observé sur le Dourdou, au pied de Conques. Ouvrez l'œil pour le martin-pêcheur, la bergeronnette des ruisseaux et le héron cendré.
Rapaces au-dessus des versants
Levez les yeux en milieu de journée, quand l'air chaud monte des pentes. La buse variable est la plus fréquente, avec le faucon crécerelle, tous deux présents toute l'année. À la belle saison arrivent les migrateurs : milan noir, bondrée apivore et, plus rarement, le circaète Jean-le-Blanc, grand chasseur de serpents. Le milan royal, reconnaissable à sa queue rousse très échancrée, se montre aussi. Les inventaires des vallées du Lot et du Dourdou signalent encore le faucon pèlerin et le grand-duc d'Europe, qui nichent dans les escarpements rocheux. Dans les bois, guettez les pics, les rougequeues et le grimpereau, qui remonte les troncs en spirale.
Chevreuils, sangliers et vie nocturne
Au petit matin ou en fin de journée, les chevreuils sortent en lisière des bois et des prés. Immobiles, ils se fondent dans le décor, et c'est souvent leur aboiement rauque qui les trahit. Les sangliers, eux, se montrent peu mais laissent des traces nettes : terre retournée, boue sur les troncs. La nuit appartient au renard, au blaireau et au hérisson. Les chauves-souris chassent aussi au-dessus de la rivière : l'inventaire de la vallée du Dourdou cite le petit rhinolophe, et toutes les chauves-souris sont protégées en France. Sur les versants secs et ensoleillés, on a aussi observé le lézard ocellé, le plus grand lézard de France.
Observer sans déranger : les bons gestes
La plupart de ces espèces sont protégées, et la loi interdit de les perturber volontairement, surtout pendant la reproduction, au printemps et en été. Restez sur les sentiers et gardez vos distances : de bonnes jumelles valent mieux que trois pas de plus. Tenez votre chien en laisse, ne vous approchez jamais d'un nid ou d'un terrier et, la nuit, préférez une lampe rouge à un faisceau blanc. Au bord de l'eau, asseyez-vous et attendez : immobile et silencieux, on voit toujours davantage. Et si vous trouvez des empreintes ou des épreintes, photographiez-les plutôt que d'y toucher.
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